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lundi 18 février 2013

De l'Etna au retour, Part.3/3

Et oui, il fallait bien que ça arrive ... prendre le chemin du retour ...
 
Avec un peu moins de 50€ restant, l'Etna était obligatoirement ma dernière étape, ne sachant combien de temps allait me prendre le retour (1700km en 3 jours ? 10 jours ?)
 
Je m'attendais à un retour tranquille, 100% autoroute et donc sans histoires, bref des vacances ... bof ... en stop, même sur autoroute on est jamais sur de rien !
 
     Le 23 octobre, je décide donc de débuter mon retour vers la France : Je passe néanmoins une dernière nuit sur l'Etna, afin d'avoir une journée complète le lendemain pour sortir de Sicile.
La météo s'annonce incertaine, et j'ai du mal à savoir ce qui m'attend pour la nuit : Je contacte donc Karine (ma chérie :P) afin d'avoir des tendances fiables, et elle m'annonce un "orageux dans le courant de la nuit".
Essuyer un orage sur l'Etna, j'en connais qui ont essayé et qui ont mal dormis ... donc j'opte pour le replis stratégique et redescend au refude Sapienza à 1900m.
 
 
La descente sur les pentes raide de l'Etna dans les scories est un vrai bonheur ! On cours, on ski, on saute, on se met des kilos de gravillons dans les chaussures et on se couvre de cendres volcaniques : Le top quoi !

 
Le refuge Sapienza (a gauche), nid à touriste (dont je faisais parti, ben oui ...).


Arrivé en bas, il me faut encore trouver où mettre la tente. Je jete finallement mon dévolu sur un terrain plat qui ne présente pas trop de grosses scories, situé sous un télésiege (qui doit d'ailleurs fonctionner à l'heure où j'écris ces lignes ...).
Le cadre n'est pas vraiment hydilique, mais en cas d'orage violent (pas rares en cette saison) je préfére être proche de la civilisation.


Une fois n'est pas coutume comme on dit ...
 
 
Orage de prévu : Les sardines ne tiennent absolument pas dans les scories, et il est nécessaire de les assurer avec les blocs de lave de taille conséquente. Tente en position basse, au moins ça ne bougera pas ! ...
 
 
... et pour ne pas bouger, ben ça n'a pas bougé !
Car une fois la tente monté, je vérifie mon portable : Tient, un message ... de Karine ... qui m'annonce avec naturel : "En fait c'est du beau temps pour cette nuit sur l'Etna : Je me suis trompé de 100km " oO'

Le sommet de l'Etna au centre, pris depuis la route qui arrive sur les parking du refuge de Sapienza.


La sinueuse route menant au refuge ... décor magnifique.

Le parc de l'Etna vaut le coup de s'y perdre quelques jours avec une tente et des provisions : La prochaine fois !
 
 
     Le lendemain, après une nuit calme, au clair de lune (hum hum), j'attaque le retour de manière sérieuse.
Après quelques km de descente à pied, a admirer au massage un tunnelave (tunnel de lave, il y en a un peu partout dans les coulées) un couple de Francais, en vacance et amateur de vulcanologie, s'arrête et me porte au niveau de Taormina.
De là, un (riche) Italien qui donne dans la mode et la lunette me dépose à Messine où je prend le "Traghetto" (la navette) qui me fait traverser le détroit en 20 minutes.


Retour à Villa san Giovanni (enfin, là c'est Reggio que l'on voit ...).

Je me retrouve donc vers 16h à Villa san Giovanni où j'entreprend de faire du stop ... peine perdu ! A 19h je suis toujours sur le bord de la route, et décide d'appliquer la solution "d'urgence" : Trouver un cybercafé duquel je pourrai localiser une aire d'autoroute proche. Ceci fait, je rejoins à pied (45min) mon objectif.
Bof, pas grand chose pour mettre une tente, juste une sorte de champs bizzare plein d'herbes très hautes et de ronces, avec sans doute une sympatique population de bestioles à 8 pattes ... ou dépourvue des dits appendices ... mais bon, pas trop le choix.


Super, les herbes sont aussi hautes que la tente ... Avec des maisons proches, j'espere ne pas avoir de soucis.


     Le nuit se passe bien, levé à 6h avant l'aube car je dois rejoindre l'aire et passer discretement ses clotures : Epique dans le cas de celle-ci, avec au programme saut de barrière barbelée, nage dans les ronciers et désescalade d'une sorte de falaise terreuse casse gue*** ; qu'est qu'on se marre !

Après 3/4h d'attente, un premier automobiliste sympatique à pitier de moi et me fait faire 50km jusqu'à une autre station. Ce sera ainsi jusqu'à Salerne (~ Naple) : Des sauts de puce, beaucoup d'attente, la galère, je met presque 4 jours pour faire ces 400km ... Dernière grosse attente à Salerne (au moins 5h ...), avant qu'Italo s'arrete pour me charger. La 60aine (bien plus en fait je crois), bien portant, visage marqué, barbe blanche, avec une sorte de Van un peu vieillo, on sent le baroudeur. J'apprend qu'il était plongeur de profession (et qu'il plonge toujours !), et qu'entre autres choses il a travaillé avec le commandant Cousteau ! Il me dépose à une station à la sortie de Naple.

A Salerno sur l'aire où j'ai patienté plus de 5h : J'avoue avoir un peu perdu mon calme devant toutes ces personnes qui me sont passé devant sans s'arrèter en me dévisageant comme si j'étais un extraterrestre ; Du coup, histoire d'etre sûr de ne pas être dérangé durant la pose casse croute, une personnalisation du panneau à permis de justifier temporairement la défiance des Italiens vis-à-vis des autostopeurs ... je n'ai pas été regardé plus bizzarement avant qu'après ...
 
 
     A partir de Naple, la remonté fut plus rapide, quoi que guère plus reposante : J'ai passé la nuit du 26 au 27 sur une aire d'autoroute quelque part entre Orte et Orvieto (enfin je crois), et j'ai atteins Florence le 27 en milieu de journée par un temps froid et pluvieux. Et oui, le climat Sicilien m'avais fait oublier que nous étions fin Octobre !
 
     Au rang des "Je-t'aurai-bien-pulvérisé-sur-place-toi-et-ta-voiture-mais-des-grenades-c'était-trop-lourd-pour-mon-sac", deux jeunes qui me passe devant en rigolant dans une voiture à 50 000€ alors que ça fesait 1h que je pouçais à me cailler sous la pluie ... Bref, à ce moment là je suis sur une sortie de péage à Florence et tente de rejoindre Bologne (A oui, parce que je suis sortis de l'autoroute par erreur, une personne m'ayant assuré qu'elle allait me déposer plus loin à une station ... qu'elle a loupé ... les risques du métier comme on dit --')

Je décide alors de rejoindre le centre ville de Florence pour appliquer le coup du Cybercafé.
Un sympatique couple accepte de risquer l'inondation de leur intérieur en m'y portant, et me laisse même un tiket de tram !
Je trouve finalement une aire à 15km de la ville et décide de m'en approcher en prenant le train.
Je n'ai aucun mal à trouver un champs où dormir, le lendemain entrer sur l'aire sera une formalité.
 
     Ce que je n'imaginais alors pas, c'est la distance que j'allais parcourir ce jours : Pliage de la tente à 10h (j'ai attendu que la pluie se calme), un couple sympa de Siciliens me prend vers 10h30/11h et me dépose à ... Milan sud ! Deux voiture plus tard je suis à l'ouest de Novara vers 16/17h ! La pluie s'est entre temps tu, ouf ...
 
A l'embranchement de l'autoroute, direction Aoste, c'est Pierre, en route pour Genève, qui me cueille in-extremis : La voiture me passe devant sans ralentir, puis s'arrete finalement 100m plus loin avant de faire une marche arriere sur l'échangeur d'autoroute ! De l'avis de sa compagne j'avais l'air suffisement recommandable pour justifier un arret ^^
 
En quelques heures, après un arret dégustation d'une boite de poulpe (ben oui ça se fait et c'est pas mauvais), nous traversons enfin le tunnel du Mont Blanc !
Arrivé en France, Enfin ! Il est 19h environ et dehors il neige !
 
Pierre et sa compagne me déposent à Sallanches : Je suis toujours en mode Sicile, short/Teeshirt ... une polaire (et même deux) est la bienvenue ...
30 minutes et une voiture plus tard, je suis une dernière fois sur le bord de la route. Rapidement, une fourgonette s'arrête : Marion m'invite à monter, elle passe par Albertville !
 
     J'arrive finallement vers 21h, 5 jours après avoir amorcé ma descente de l'Etna en Sicile ... avec la sensation étrange, alors que je marche dans les rue enneigées du village, de ne l'avoir jamais quitté : Comme si ces 7 semaines n'avaient été qu'un magnifique rêve alors mème que je n'avais pas encore poussé la porte de la maison ...

mercredi 31 octobre 2012

De l'Etna au retour, Part.2/3 : Un monde perdu

Arrivé à 19h à Zafferana, passage à "l'Internet Point" pour faire un point sur les compte : moins de 50€ restant, à priori l'Etna sera ma dernière étape.

Vers 20h, je demande ma route et commence à monter à pied, croisant au passage un panneau particulièrement encourageant et comme on en voit peu.


20 minutes plus tard, une voiture avec une femme au volant s’arrête à mon niveau :
"Je peux vous déposer quelque part ?"
"Je veux bien, mais je vais au refuge Sapienza :) " (lequel se trouve à 1900m d'altitude ...)
"A pied ???! En pleine nuit ????! oO "
S'ensuit le conseil d'aller dormir dans l’hôtel du coin et de prendre le bus demain ... Impensable pour moi, mais gentil quand même.

Bref, je continu ma route et après 1h30 de marche mon dos commence à protester (les3/4kg de nourriture et les 2L d'eau supplémentaires se font finalement sentir). Je pose donc la tente près de la route dans les scories, lesquelles ne laisserons d'ailleurs par indifférent le sol de ma tente (plusieurs entailles bien nettes malgré le polycree ...).

Le lendemain je repars à pied tout en faisant du stop, et c'est finalement la Jeep des gardes du parc de l'Etna qui s’arrête pour m’amener au refuge. En chemin, j’apprends que le volcan à connu ses dernières éruptions au printemps, qu'il présente actuellement une activité Strombolienne et que le cratère est interdit d'accès.

Une fois au refuge, à 10h et après le café/remplissage des bouteilles (5L au total, pour une autonomie espérée de 2 jours ; en réalité, il faut compter 3L par jour et par personne. Il est également possible de faire le plein d'eau au refuge de l'arrivée du téléphérique), on attaque enfin les choses sérieuses avec la montée au refuge des 2500m !




Plutot que de suivre l'ennuyeuse piste des 4x4, j'opte pour une monté directe perpendiculaire à la pente, dans les scories volcaniques. Épuisant ! Un pas en avant et le pied recule de moitié si ce n'est plus ... mais quelles sensations de gravir ainsi les pentes d'un des volcans les plus actif au monde !


 Arrivé en haut, on se dit que la descente risque d’être "intéressante" ...

Après le refuge, il reste encore 800m de dénivellé pour arriver à celui de Torre del Filosofo, ou du moins ce qu'il en reste (il a été littéralement noyé sous une coulée de lave, et seul un bout du toit reste visible). C'est là que les 4x4 s'arrêtent, à 400m sous le cratère sud-ouest.
 

  

Au cours de la montée vers les 3000, la piste des 4x4.



Bienvenue ... au milieu de nulle part !



Dans ces scories couvertes de cendres volcaniques, chaque pas soulève un nuage de poussière.
Sous les pieds, la roche crisse comme si l'on marchait dans de la neige, mais avec un bruit bien différent.


Au fond, les cratères sommitaux.

Paysage désolé ...



... et rencontres inquiétantes ...



... avec tout de même quelques silhouettes qui vous ramènent sur Terre.



Au fond les cratères sommitaux avec leurs panaches de gaz, au premier plan un cratère qui émet quelques vapeurs (alt. ~2700).



Les fameux "bus-4x4" (ici à 2900), pour ceux qui ne veulent/peuvent marcher.
Si vous êtes capable de faire l'ascension à pied, faite la et gardez vos sous ! C'est vraiment une rando comme vous en ferez peu dans votre vie !

D'autant que la vue depuis le refuge Torre del Filosofo peut ne présenter qu'assez peu d’intérêt, le cratère situé 400m plus haut étant régulièrement noyé dans le brouillard des gaz qu'il émet (voir dans le brouillard tout court quand les nuages monte dans l'après-midi ! Dans ces conditions, faire payer une ascension au sommet ressemble alors surtout à du vol, et la payer à du gaspillage ...)





Partis à 10h, j'arrive à 2900 vers 13/14h (pas regardé en fait) : Après le déjeuner, je me renseigne auprès des guides sur la possibilité d'atteindre le cratère. "Interdit" me dit on ici, "amende si on y va" me dit un touriste, "à vos risque et péril" dit ce guide à une autre personne ... bref, personne ne semble savoir si l'accès est autorisé ou non !

Dans le doute, je décide de faire la monté : Prendre les gens par la main en permanence comme s'il s'agissait de petits enfants, c'est bien gentil mais ça devient aussi assez vite lassant ...

Je part à 15h par la route qui quitte le refuge et contourne les cratères par l'ouest, la montée par le sud étant impossible pour plusieurs raisons :
- Le vent orienté nord-sud rabat les gaz sur le refuge ; impossible donc d'approcher le cratère par là, les gaz étant logiquement de plus en plus concentré à mesure qu'on s'approche.
- Le cratère Sud-est est particulièrement actif, et donc dangereux (nombreux gaz, explosions toujours possibles ...)
- Vous attaqueriez la monté sous les yeux des autres visiteurs, et surtout sous ceux des guides et gardes du parc : Mauvaise idée ...



En chemin je rencontre une dizaine de personne qui reviennent du cratère : Pas d'activité anormale me dit on.
Après 1h et la petite grimpette de 300m droit sur les cratères, on arrive aux bords de ceux-ci...



Rien à voir avec Stromboli, qui ferai presque "jouet" à coté de ce monstre : En arrivant au sommet, on découvre deux cratères jumeaux, avec au premier plan la Voragine et au second la Bocca Nuova.
Derrière soit s'ouvre le cratère Nord-est, et à gauche le très récent et actif cratère Sud-est.
Cratères Sud-est, tous noirs, tous neufs ...

Quelques chiffres :

Superficie : 1250 km2
Diametre nord-sud : 46 km
                est-ouest : 38 km
Périmetre :  > 200 km
Altitude : 3340m

Les cratères :

La Voragine qui est le principal cratère de l'Etna avec un diamètre d'environ 350 m et une profondeur trés variable selon la hauteur de la colonne magmatique (1000 m en 1971 !). Apparu en 1945, elle constitue la principale "cheminée" du volcan.
La Bocca Nuova, située à l'ouest de la Voragine dont elle n'est séparée que par un mince diaphragme appelé à s'effondrer dans les prochaines années. L'Etna retrouverait alors sa morphologie d'avant 1940 avec un unique grand cratère sommital. La Bocca Nuova est apparue en mai 1968 sous la forme d'un petit évent de quelques mètres de diamètre. A partir de 1970, des effondrements successifs liés à des éruptions fréquentes vont donner le cratère actuel qui mesure prés de 400 m de diamètre et dont la profondeur fluctue beaucoup comme la Voragine.
Le cratère Nord-est, situé au nord de la Voragine est apparu en 1911 et constitue provisoirement le sommet de l'édifice.
Le cratère sud-est, au sud de la Voragine s'est formé en 1971. Il est devenu très actif ces dernières années en émettant des cendres et des laves qui ont formé un véritable cône sud-est.

Sources : http://www.volcan-actif.com/etna.htm






Sur les bords des deux cratères principaux, un fumerole de grande taille et couvert de souffre se donne en spectacle.
Contrairement au Solfatare ou au Stromboli, où les gaz sentaient tout au plus mauvais, ici il en est certains qui en plus de sentir mauvais vous pique réellement le nez et la gorge (il y en avait cependant assez peu, les vents étaient, je pense, favorablement orientés).
Je reste environ 30/40 minutes au sommet, puis une détonation au fond d'un des deux cratères centraux suivie de près par une sorte de grondement (un peu comme le tonnerre qui roule dans les montagne) me décide à redecendre. Seul au milieu de tous ces cratères fumant et qui ont l'air d'avoir vomis leurs dernières laves hier, on ne fait pas vraiment le malin (ce qui serai d'ailleurs peut etre bien la dernière chose que vous auriez faite ...).



Le parfait exemple de bombe volcanique (port du casque inutile pour le coup ...)



Au petit matin, après une nuit à la belle étoile à 2600m (pas voulu essayer à 3000 : Ambiance extremement impressionnante, peur d'un changement de direction des vents et de me retrouver dans les gaz, et tout simplement pas bien rassuré par les cratères et leurs bruits 300m plus haut).

L'air prend une couleur bleutée : Peu de vent ce matin, les gaz du volcan se dispersent moins bien.
Si vous dormez sur les pentes d'un volcan qui emet des gaz, n'aller pas vous mettre au fond d'un petit cratère secondaire éteind (il y en a partout sur l'etna) ou au fond d'une dépression : S'il y a émission de gaz toxiques denses (monoxyde de carbone ...), c'est là qu'ils vont aller s’accumuler ...


  

La ville de Nicolosi ??



Au petit matin, lever de soleil sur la mer.



L'Etna sort de sa nuit glacée.
Aucun bruit, pas un être vivant, pas un vehicule, rien. Seul le vent qui vient parfois faire chanter les laves figées dans le froid rompt ce silence de mort.


  

Plus bas, vers 2000m, la végétation commence à apparaitre sous forme de coussins qui contrastent magnifiquement sur les scories.



Panorama de la Vallée del Bove : Cette dépression, de 8km de long sur 5 de large, est issue d'un affaissement du terrain et recueil la majorité des coulées de lave qui la comble peu à peu.
(Panorama à 180° : Les crêtes de droite et de gauche sont en réalité dans le même prolongement)



Ma "maison-sac à dos" se repose elle aussi.



J'avais lu que pour randonner sur l'Etna le GPS était conseillé car les nuages montent souvent dans l'après-midi : Je le recommande aussi ...




Où sont les Elfes et les Nains ?



Descente le sur-lendemain, le long de la route à travers le parc de l'Etna.

Il faudrait en fait consacrer 10 jours à ce volcan, avec une traversée complète nord-sud du parc et du volcan et une autre est-ouest ... Une idée que je garde bien au chaud : Qui est partant ? ^^